LE QUOTIDIEN : Point de presse du 22 Décembre 2008
SANTE - Pour dénoncer les mauvaises conditions de travail : Le Sutsas menace de tenir un sit-in nati | ![]() | ![]() | ![]() |
23-12-2008 | |
Par Justin GOMIS Le secteur de la Santé, miné par des insuffisances de toutes sortes, risque de connaître des journées de perturbations. Le Syndicat unique des travailleurs de la santé et de l’Action sociale (Sutsas), hier, en point de presse à son siège, a manifesté sa volonté de sonner la mobilisation pour la tenue d’un sit-in national, en attendant l’aval de sa direction. Selon Mballo Dia Thiam, le secrétaire général du Sutsas, le sit-in se tiendrait devant toutes les agences d’Ecobank pour, dit-il, «réclamer le paiement des motivations à date échue et exiger du gouvernement le paiement de la dette hospitalière, des arriérés de salaires et de l’indemnité d’itinérance». D’après M. Thiam, Ecobank et l’Etat avaient convenu à l’hôtel Méridien de payer à date échue les motivations. Un engagement qui, dit-il, «n’est jusque-là pas respecté par ces deux parties». Il s’y ajoute le retard du paiement des arriérés de salaires des infirmiers contractuels chefs de poste se trouvant, pour la majeure partie, dans des zones difficiles. Ainsi, «comment ces agents pourront-ils s’en sortir» avec un cumul de quatre mois de salaires en ces temps difficiles ? s’interroge le leader du Sutsas. Pire, fait-il remarquer : «On leur a donné un préavis pour arrêter le travail.» Ce qui, à son avis, constitue un problème pour les populations et pour les travailleurs. La dette intérieure tarde à être épongée. D’après Maballo D. Thiam, depuis 2006, la revendication était posée, mais à chaque fois on donnait à ces personnels l’assurance de régler cette situation. D’ailleurs, en 2008, dans une Loi rectificative des finances, «l’Etat avait promis de donner 7,5 milliards et en 2009 de donner les autres 7,5 milliards qui porteraient le tout à 15 milliards.» Ce qui n’est pas encore fait, car ni dans la loi de 2008 tout comme celle de 2009, ne figure aucune provision, selon les syndicalistes. Un aveu, selon M. Thiam, confirmé par ceux qui s’occupent du budget, qui préconisent une convocation de la Loi des finances sur ce sujet. Cette situation indispose ainsi les hôpitaux qui ont des dettes à l’endroit de leurs fournisseurs qui ne cessent de les acculer. Ce sont aussi des dettes fiscales et sociales. Dans les revendications syndicales figure en bonne partie la question de la gestion des ressources humaines. Selon les syndicalistes, le personnel de la Santé souffre d’un mauvais traitement de la part de leurs directeurs. Ils sont en train de malmener leur personnel. Et en tête, «c’est le directeur des Ressources humaines du ministère de la Santé», accuse Mballo Dia Thiam qui, selon lui, vient d’humilier tous ses secrétaires qui sont en service depuis 10 ans dans cette structure. Le directeur de l’Hôpital de Kolda est aussi accusé pour le traitement qu’il administre à son personnel. Aussi, les syndicalistes interpellent-ils les autorités à lui parler. De même, ils ont déploré la fuite des cerveaux liée aux mauvaises conditions de travail. Le statut du personnel - bien que le décret soit signé par le Premier ministre d’après les syndicalistes - tarde aussi être effectif. C’est ce qui explique, selon Mballo Dia Thiam, la réclamation des primes d’intéressement. Il poursuit : «C’est la loi qui dit qu’en attendant les statuts spéciaux, les primes d’intéressement seront payés.» Le malheur, c’est qu’ils sont souvent diabolisés quand ils réclament ces primes, se désole le leader du Sutsas. Un problème de référence des structures sanitaires se pose aussi. Car, informe-t-on, il y a des malades qui quittent leurs localités et qui n’arrivent pas à être reçus dans des hôpitaux faute de billet d’hôpital parce que devant être référés. Ce qu’attendent les syndicalistes par rapport à cette question, c’est l’érection des centres de santé en hôpitaux afin de permettre aux populations de se soigner facilement chez elles. D’ailleurs, ceci a fait l’objet de la signature d’un protocole, rappelle M. Thiam. Ils (les syndicalistes) réclament l’ouverture de l’hôpital de Fatick et de Ziguinchor. Par ailleurs, les syndicalistes ont décidé de soutenir l’Unsas, qui dit non à la dilapidation des ressources de l’Ipres. Ils ont également mis en garde le président du Conseil d’administration de la Caisse de sécurité sociale. Ils se disent aussi engagés à défendre le pouvoir d’achat. En attendant, ils voudraient voir recrutés dans un bref délai, le personnel de l’ex-Pidis et les agents de l’ex-Cto. justin@lequotidien.sn |